Blog personnel où j'aborde des sujets qui m'intéressent, parfois liés à l'actualité, parfois de fond, ou encore simplement suggérés par les innombrables soubresauts qui jalonnent notre passage à tous sur cette terre

mercredi, février 01, 2006

Culte des Gourous

Difficile de résister à la tentation de commenter le départ du président de la Federal Reserve, la banque centrale américaine.

Je ne peux m'empêcher de sourire à la lecture de l'abondante prose élogieuse parue ces jours-ci dans les journaux du monde entier, en hommage à celui qui mena la politique monétaire américaine pendant 18 ans d'affilé. Morceau choisi :
Le sénateur John McCain adversaire de George W. Bush pour l'investiture républicaine à la présidentielle doit répondre à la question d'un journaliste facétieux. "Que ferais-je si M. Greenspan devait mourir ? Dieu nous en garde ! [Mais alors], je lui mettrais une paire de lunettes de soleil et le maintiendrais droit, bien assis à son bureau, aussi longtemps que possible."
Personnellement, cela ne me déplairais qu'on en dise autant sur mon compte :))

Mais l'hommage est d'autant plus flatteur que l'homme ne se destinait aucunement à une carrière d'économiste : ce n'est que quand il comprit qu'il n'aura jamais la carrière de musicien dont il rêvait qu'il s'est inscrit en cours de finance à l'université, et qu'il se lança dans une carrière de consultant, où il brilla rapidement.

Avant de faire un procès d'intention à tous ceux (en fait la quasi totalité du petit monde de la finance de marché), qui tout au long de ce long règne, ont voué un culte quasi religieux au personnage, surnommé l'Oracle justement pour sa faculté à mystifier les foules des marchés par ses discours millimétrés, jugeons par les faits : d'un côté une inflation et un chômage virtueusement contenus, des crises financières et des faillites habilement amorties, une croissance vigoureuse et soutenue..les chiffres sont flatteurs, le style, inimitable. De l'autre, des déficits publics qui échappent complaisamment au contrôle du gouvernement américain, et surtout, une bulle immobilière qui enfle et qui menace si elle éclate, d'entrainer des pans entiers de l'économie mondiale.

Pour en revenir au titre, ce que je trouve fascinant dans tout ça, c'est la manière dont un simple mortel accède au statut -forcément irrationnel à mon sens, aussi brillant soit-il- de gourou : quel est le plus petit dénominateur commun entre tous les gourous (politiques, académiques, ou autres) ? par quel subtil mécanisme se soumet-on (inconsciemment?) à leur emprise ? le jour où je le saurais, vous aurez mes réponses de la bouche de mon chargé de relations publiques ;))