Collisions
Développer un paradigme général, servant de cadre théorique à une interprétation de la philosophie de l'histoire, est décidemment l'activité reine chez les intellectuels, une sorte de substitut à la quête contrariée de la pierre philosophale. Quand l'un énonce sa théorie du "choc des civilisations", l'autre lui rétorque par le "choc des cultures", d'autres encore par un "choc des intégrismes". Pour peu, on pourrait croire que l'histoire de l'humanité et son devenir pourraient révéler leur secrets dans un vulgaire laboratoire de crash-tests mécaniques. L'Homme serait-il bientôt éligible au label EuroNCap (label récompensant la sécurité des véhicules automobiles) ?
Soit, je n'ai nullement l'intention de contrarier les vaches sacrées de l'intellectualisme, je n'ai pas cette prétention. Aussi vais-je énoncer ici ma variante de la théorie du choc, puisqu'il semble largement admis que l'Homme ne peut se sortir indemne de l'autoroute de l'Histoire sans l'attirail complet de sécurité, ABS, airbag, ESP...sans oublier la ceinture de sécurité.
Je pense que de tout temps, deux visions du monde et de la vie se sont confrontées. L'une angélique, s'est déclinée à différentes sauces au fil de l'Histoire : solidarité tribale, humanisme, collectivisme, pacifisme, socialisme, justice, démoncratie, art. L'autre, cynique, s'est exprimée successivement dans l'esprit de conquête, la soif de puissance militaire, l'impérialisme, le libéralisme, la concurrence, la compétition mondiale. Même très maladroitement formulé, vous conviendrez qu'il y a un soupçon de vérité dans cet énoncé..
L'actualité fournit tous les jours de quoi alimenter cette dichotomie cynisme/angélisme. Une partie de l'Humanité semble croire que le monde peut, et devrait être meilleur, l'autre, que l'ont doit s'estimer heureux car il a été, et pourrait être bien pire.
Je pense aussi que l'élément discriminant qui fait que l'on se retrouve dans une catégorie plutôt qu'une autre, est la réponse que l'on réserve chacun à cette question : crois-je en l'Homme? Les indécis, les centristes, les "modérés", sont tout simplement ceux qui n'ont pas de réponse tranchée à la question.
Alors messieurs dames, croyez-vous en l'Homme??


9 Comments:
J'ai lu ton post avec beaucoup d'intêret. En me posant la question suivante: Quand je regarde autour de moi, je vois que tout, je dis bien tout est organisé d'une manière dichotomique ... antagoniste, si je puis dire: nord/sud, bien/mal, droite/gauche... ANgélisme/cynisme.
On vit dans un monde à deux dimensions. Et au lieu d'essayer de trouver une 'troisieme dimension', qui nous permette de mieux voire les choses, de mieux les comprendre, on s'obstine à rester dans ce monde restreint et à se poser des questions comme ' croyez vous en l'humanité? La réponse n'est peut être ni oui ni non, ni ce fameux 'peut être' qui veut dire ( pour toi) qu'on a aps d'avis.
Amicalement
Badr
dim. mars 26, 04:05:00 PM
La dichotomie est le fruit d'une convention, d'une connivence, commune à l'humanité... cette séparation est née sans doute avec la séparation du bien et du mal, bien que l'un ne peut exister sans l'autre.. devrions-nous y voir une quelconque réponse à certaines de nos intérrogations?? Le Nord existerait-il sans le Sud? L'angélisme serait-il identifié si l'on n'y oppose pas le cynisme??
Cette dualité règne sur tout ce qui nous touche de près ou de loin, jusqu'à nos décisions les plus personnelles et intimes... Blanc ou noir? Le gris est une option, mais peut-être pas la réponse! Croyez-vous en l'Homme? Je ne sais pas, devrais-je?? ou peut-être dirai-je: ai-je le choix d'y croire ou pas?
J'espère avoir compris le sens de ta note! ma réponse réflète ce que j'ai cru y percevoir.
lun. mars 27, 06:19:00 PM
Non. Ce que j'ai essayé de dire par mon commentaire. C'est que cette dualité est là, je le sais bien. "bien que l'un ne peut exister sans l'autre", evidement, mais est ce que leur existence mutuelle couvre tous les champs de la pensée humaine. Je vais faire une trasposition géometrique. Prenons un "espace plan", il y a une base composée de deux "vecteurs". N'importe quel point de cet espace peut être defini par sa base. Prenons le bien et le mal. N'importe quelle chose peut etre identifié comme étant bonne ou mauvaise ou une combinaison des deux. Ce que je dis c'est cet espace plan fait partie d'un autre espace (avec une base comportant trois "vecteurs") et c'est cet espace là que je cherche.
Une chose ne serait pas définit comme une combinaison (bien/mal), mais comme une combinaison (bien/mal/X). Je suis à la recherche de ce "X", de cette inconnue, qui, à mon humble avis, m'expliquerais plein de chose. On lieu de chercher à comprendre un truc dans un espace de dimension deux, je cherche l'espace de dimension 3 qui me donnera une 'vue' plus panoramique du sujet, et m'aideras à comprendre.
J'espere que j'arrive à transmettre mon idée. Je ne suis pas un fou de mathématiques, j'ai un niveau très modeste, mais c'est la seule manière que j'ai trouvé pour transmettre ma pensée.
lun. mars 27, 10:58:00 PM
Badr>je bien compris ton désir d'introduire une troisième dimension explicative (ton troisième vecteur de base de l'espace vectoriel). J'irais même plus loin en disant que l'univers s'exprime probablement dans une base non pas triptype mais infinie. Mais à mon sens seul un nombre extrêmement réduit de dimensions est perceptible par l'esprit humain..d'où cet impérieux besoin chez l'Homme de tout ramener à une base duale. L'univers se retrouve projeté sur deux misérables dimensions, et il y a "perte d'information" dans cette projection..Bonne chance donc dans ta quête d'une 3ème dimension!
FatimZahra>Je ne sais pas si ton com m'est destiné, ou si tu répondais à celui de Badr. Si c'est pour moi, je te dirais que tu as tout a fait saisi le sens de mon post. Tu soulèves même une question qui est resté implicite dans mon message initial : a-t-on le choix de croire ou pas en l'Homme? notre sort étant lié à celui du reste de l'Humanité, ne sommes nous pas contraints de facto à croire en l'Homme?
mar. mars 28, 12:21:00 AM
"Mais à mon sens seul un nombre extrêmement réduit de dimensions est perceptible par l'esprit humain". Je ne veux pas être d'accord, j'attend ma mort pour en être sur( ou le moment ou j'aurais mieux à faire que de chercher une 3eme dimesion ;-))
mar. mars 28, 02:04:00 AM
mehdi --> En effet, mon com étais destiné à ta note, mais non sans prendre en compte le commentaire de Badr. Je te rejoins dans cette (quasi) obligation de croire en l'Homme, cette absence de choix qui ponctue (hélas ou heureusement?) un grand pan de notre vie et de notre Histoire... je serai tentée de ramener cette question à celle de : al inssane moukhayer am moussayer? (sommes-nous dirigés ou maîtres de nos destinées, en traduction approximative) en lui ôtant le sens religieux... on pourrait en effet se soumettre cette question dans notre perception de la vie et sur la dimension "choix" qui régit notre existence.
Badr --> Au risque de te décevoir, je ne suis pas trés douée en maths, mais je crois comprendre ce que tu as voulu nous faire entendre. Pour ma part, si je pars sur le principe d'une 3ème dimension, j'attribuerai à la variable X mon choix, ce qui consisterai à lui affecter un des deux éléments de notre dualité de base, par exemple (bien/mal/X) pour moi serait (bien/mal/bien). De ce point de vue (qui j'espère est assez explicite de l'idée que j'essaie de véhiculer) nous nous retrouvons avec des variables connues que nous pourrons facilement (ré)étudier dans notre espace initialement bidimensionnel.
Je pense qu'un espace tridimensionnel illustrerait davantage l'idée de Mehdi (croire/ne pas croire/choix) mais ce, si, et seulement si, nous parvenons à déterminer si oui ou non, nous avons ce choix!
mar. mars 28, 10:26:00 AM
Le sujet est intéressant, mais il ne faut pas réinventer la roue! La question "L'homme a-t-il une valeur ou un prix?" s'est déjà posée, dès Socrate. Hobbes dirait que l'homme a un prix, Kant qu'il a une valeur qui lui donne droit au respect. Une autre formulation serait "L'homme est-il une fin en soi ou un simple moyen?". Etant assez réfractaire aux résumés "philosophiques", je vous invite à lire les écrits de Kant, Hobbes, Bodin, Hegel et Nietzsche. "La volonté de puissance" si chère à ce dernier a encore de beaux jours devant elle!
lun. avr. 03, 03:50:00 PM
Pour répondre à Oussama, l'homme est une valeur en recherche de puissance.
Ca été dit par qui?
mer. avr. 19, 04:04:00 AM
déstituéééééééééé, et vice et versa...
sam. juin 10, 05:21:00 PM
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