A quoi servent les Grandes Ecoles?
De nombreux auteurs, journalistes, hommes politiques, sociologues, et chercheurs de tous poils se sont penchés sur le pouvoir dont jouissent les anciens des Grandes Ecoles à la française, perçu par certain comme la légitime récompense de l'excellence, et par d'autres par comme un nouveau type de royauté à peine déguisée.
Il est indéniable, au vu de l'étendue des réseaux tissés par les anciens dans au sein des cénacles du pouvoir, que les grandes écoles sont un formidable ascenceur vers le pouvoir : grands corps de l'état (inspection des finances, cours des comptes, corps des mines, corps des ponts et chaussées), conseils d'administration des plus grandes entreprises (la moitié des entreprises du CAC40 est dirigés par des X), cabinets ministériels, think thanks..aucune institution détenant la moindre once de pouvoir dans le jeu politique français, n'échappe à l'invasion en règle coordonnée par cette élite technocratique.
Il court au sujet des grands corps de l'état une rumeur tenace mais historiquement fausse : celle qui fait coincider leur création avec celui de la république naissante. Or les grands corps d'état ont d'abord été les grands corps du Roy, créés sous l'Ancien Régime pour être des serviteurs compétents, efficaces et zélés, du pouvoir royal, et ainsi combler les déficiences des structures traditionnelles issues de la noblesse et des notables.
Il se perpétue en France une caste technocratique beaucoup plus puissante que partout ailleurs, capable d'imposer ses choix technologiques, industriels, économiques, aux responsables politiques comme à l'ensemble du pays. Ceci en dehors du contrôle démocratique, considéré comme une ingérence insupportable.
Faut-il pour autant supprimer cette bizzarerie franco-française comme le suggèrent nombre d'hommes politiques, porfois eux-même issus du moule des grande écoles? Ce serait à mon avis un gros gâchis. Il faudrait plutôt à mon sens les regrouper dans des pôles universitaires de manière à diluer l'esprit de corps peu compatible avec l'esprit de fraternité de la République, et à améliorer leur visiblité à l'étranger. Car ces écoles ont beau être recouvertes d'un prestige considérable en France, il n'en est rien vues de l'étranger. Or, dans une économie globalisée, où la matière grise est la première des richesse, le degré de compétitivité d'un pays repose en partie sur sa capacité à attirer l'élite universitaire et scientifique.
A bon entendeur..


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